Fiche du mois de Juin 2014 : l'anguille d'Europe

Anguilla anguilla

Selon l'UICN, cette espèce est en danger critique d'extinction (liste rouge des espèces menacées - catégorie CR).

Cette espèce a démontré un déclin du renouvellement de sa population tout à fait effrayant : on estime que ce renouvellement ne représente plus que de 1 à 5% de celui des années 1970. Cela va avoir pour conséquence inéluctable une chute drastique de la population des adultes d'ici quelques années (durée de vie d'environ 20 ans) ; et ce pour environ deux décennies au moins, quelque soient les mesures de protection prises.

La population de cette espèce a déjà décliné de 75% environ en 40 ans, mais l'estimation reste difficile à vérifier car elle s'appuie avant tout sur le niveau des prises de pêche. Ces prises ne sont pas l'unique cause du déclin. L'introduction d'anguilles d'origine japonaise a permis la diffusion d'un parasite redoutable (un nématode nommé Anguillicola crassus) qui a décimé la population indigène. La prolifération des barrages sur les cours d'eau a gravement entravé les processus de reproduction et causé une importante mortalité sur les chemins de migration. 

L'espèce figure sur l'annexe 2 de la CITES mais mériterait un plan global de protection. Quelques actions ont été introduites en 2009 mais se révèlent très insuffisantes. 

Cliquer ici pour lire la fiche de l'UICN (en anglais) et ici pour la fiche DORIS.

 

Fiche du mois de Mai 2014 : le mérou Goliath d'Atlantique

Epinephelus itajara

Selon l'UICN, cette espèce est en danger critique d'extinction (liste rouge des espèces menacées - catégorie CR).

On peut trouver cette espèce en Atlantique comme son nom l'indique, mais il est utile de le préciser car l'espèce très proche présente dans le Pacifique a finalement été classée comme différente très récemment. Elle est protégée depuis quelques temps dans les eaux où elle abondait dans le passé (USA depuis 1990, Caraïbes depuis 1993, Brésil depuis 2002,...) mais rien ne prouve à ce jour que les populations se renforcent, après avoir été réduite de 80% en trois générations, soit environ 40 ans.

Il est vrai qu'il faut six ans à ce poisson pour devenir sexuellement mature, que sa croissance est lente et qu'il est donc encore trop tôt pour le ramener à une catégorie de mise en danger plus favorable.

On peut la trouver de 0 à 100 mètres, sur les récifs, dans les herbiers, les mangroves et estuaires. Ils se nourrissent de poissons et d'invertébrés. Leur taille peut atteindre 2m à 2,50m. Les plus grands ages observés sont de 37 ans pour les femelles et 26 ans pour les mâles..

Cliquer ici pour lire la fiche de l'UICN (en anglais).

Fiche du mois de Mars 2014 : la raie-torpille des Caraïbes

Narcine bancroftii

Selon l'UICN, cette espèce est en danger critique (liste rouge des espèces menacées - catégorie CR).

On peut trouver cette espèce dans les eaux de faible profondeur, jusqu'à 35 mètres. Elle est présente depuis la Caroline du Nord jusqu'au Nord du Brésil, en passant par le Golfe du Mexique et les Petites et Grandes Antilles.

Elle est parfois confondue ou assimilée avec Narcine brasiliensis, que certains distinguent et situent plus au sud de l'implantation de N. bancroftii.

Sa fertilité est bonne car la femelle est mature dès deux ans d'âge et peut porter jusqu'à 20 petits. De plus elle n'est pas recherchée pour sa chair par les pêcheurs. Alors pourquoi est-elle en danger critique d'extinction ?

Eh bien, il semblerait qu'elle soit très souvent l'objet de capture collatérale par toutes les pêcheries côtières, très nombreuses dans ces régions. Elle est rejetée morte en très grand quantité. Ce qui prouverait que l'on peut détruire une espèce sans aucune raison ou aucun usage des prises. Les statistiques concernant le nord du Golfe du Mexique démontrent une présence de l'espèce ne dépassant plus 2% (deux pour cent) des taux relevés en 1972, il y a donc quarante ans.

Cliquer ici pour lire la fiche de l'UICN (en anglais). La fiche DORIS est en cours de rédaction.

Fiche du mois d'Avril 2014 : le phoque moine de Méditerranée

Monachus monachus

Selon l'UICN, cette espèce est en danger critique d'extinction (liste rouge des espèces menacées - catégorie CR).

On peut trouver cette espèce essentiellement en Méditerranée. La plus grande population se trouve sur la côté nord marocaine (baie de Dakhla). Il y en a également dans le bassin oriental depuis la Mer Egée et aussi à Madère et le long des côtes mauritaniennes.

La population n'a jamais été très importante et a subi très rapidement un fort déclin en raison d'une pêche significative. Certaines sous-populations ont disparu par absence de diversité génétique, déjà très réduite à l'échelle de la distribution totale. La destruction de son habitat naturel a fragmenté la population et accéléré ce phénomène.

Il existe aujourd'hui moins de 250 adultes matures et le taux de reproduction est anormalement bas. Seule la réserve naturelle des Sporades a réussi à maintenir à peu près sa population. Mais ces réserves protectrices ne couvrent encore que 10% de la population restante et la mortalité dans le bassin oriental est très élevée. Les chances de ne pas voir cette espèce s'éteindre sont très faibles. Une espèce proche, Monachus albiventer, résidente en Mer Noire, s'est éteinte en 1941, une autre, Monachus tropicalis, originaire des Caraïbes, en 1950.

Cliquer ici pour lire la fiche de l'UICN (en anglais).

Fiche du mois de Février 2014 : le grand requin blanc

Carcharodon carcharias

Selon l'UICN, cette espèce est vulnérable (liste rouge des espèces menacées - catégorie VU depuis 1996).

On peut rencontrer ce grand requin dans la majorité des mers et océans, avec une concentration plus importante le long des côtes dans les eaux tempérées. On le rencontre cependant au grand large et de la surface jusqu'à 250 mètres de profondeur. Il évite les eaux douces mais remonte les estuaires et pénètre dans les salines. Des études basées sur des marquages et des balises satellite ont démontré la capacité de ces animaux à couvrir de très grandes distances, reliant par exemple l'Afrique du Sud à l'Australie et l'Asie ou la Californie à Hawai.

Les individus adultes femelles sont les plus grands et peuvent atteindre 6,40 mètres. Elles atteignent la maturité vers 14-16 ans et les mâles vers 10-12 ans. On présume que la longévité peut atteindre 30 ans. Les juvéniles mesurent entre 1,10 et 1,50 mètre à la naissance, qui intervient tous les 2 ou 3 ans après une grossesse de plus d'un an. Les portées sont peu nombreuses car l'espèce pratique le cannibalisme intra-utérin.

L'espèce fait l'objet depuis longtemps d'un statut très particulier dans l'imaginatif collectif humain, l'assimilant à un tueur d'une dangerosité extrême. La chasse fut alors féroce puisque excusée d'avance. Les trophées sont très recherchés. Il n'existe pas de pêche industrielle pérenne de cette espèce car sa concentration est trop faible, mais les prises accidentelles le concernant, quoique relativement rares en comparaison avec d'autres espèces de requins, constituent cependant la raison principale de la réduction de la population. Les pêcheurs ont des positions variées sur cette espèce, soit la détruisant systématiquement car en recherche de ses ailerons par exemple, soit appréciant son rôle dans la limitation des populations de pinnipèdes, grand consommateurs de poissons recherchés par les pêcheries.

Ce requin si puissant possède de nombreuses fragilités : il ne peut survivre que très peu de temps à une sortie de l'eau, il souffre beaucoup de la détérioration de son habitat, un nombre limité de captures sur une zone restreinte peut apparemment déclencher un déséquilibre fatal à la population présente, il ne peut survivre en aquarium dont il est pourtant une attraction recherchée,...

Certains pays protègent cette espèce mais les règlements et les moyens de contrôle semblent insuffisants pour enrayer le déclin des populations.

Cliquer ici pour lire la fiche de l'UICN (en anglais), et cliquer ici pour la fiche DORIS

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